Ce mot composé de onze lettres possède le pouvoir de bouleverser l'ordre établi.
Certaines personnes le réduisent à une illusion, tandis que d'autres le perçoivent comme une énigme insaisissable. Pour ma part, je le vois plutôt de la même manière qu'un léger souffle qui entrouvre les portes de l'invisible.
Derrière cette série de lettres se cache une puissance opaque. Ses facultés étonnantes me laissent sans voix. Que peut-on croire quand elle éventre les murs les plus robustes ou crée des fissures dans la réalité pour donner naissance à des univers où le silence est roi ?
Elle se faufile ensuite entre les pensées pour réveiller les idées endormies depuis longtemps et les faire basculer de l'autre côté des frontières par des voies inattendues.
Qu'en dites-vous ? Entrons ensemble dans mon Imaginaire pour un voyage sans carte ni boussole. Rejoignons cet endroit où tout peut arriver !
On imagine souvent que la routine d'un auteur est immuable. On y voit un bureau, une chaise, une tasse fumante posée à côté de l'ordinateur et le silence comme compagnons pendant les heures d'écritures dans cette pièce fermée. Rassuré par cet environnement contrôlé, il cherche enfin sa muse. La créativité surgit peut-être après des lectures ou pendant des discussions animées entre amis. Les jours se ressemblent et les fenêtres donnent généralement sur le même paysage. Ces images ont quelque chose de romanesque… mais elles ne correspondent pas du tout à ma réalité.
Ma maison, elle flotte sur l'eau, et mon lieu d'inspiration change d'horizon au fil des escales.
Vous l'avez compris, je vis à bord d'un voilier et je parcours le monde, portée par les routes mouvantes des océans. Mon premier guide est le vent, bientôt rejoint par celui des marées. Ce groupe devient complet lorsque les étoiles brillent dans le ciel et que celles-ci prennent la tête du convoi. Mes journées commencent avec le clapotis des vagues contre la coque et se terminent face à des couchers de soleil toujours différents. J'écris là où d'autres ne font que passer quelques heures.
Chaque traversée est une parenthèse hors du temps, chaque destination une promesse d'histoires à naître. Parfois, nous faisons escale dans des ports, mais le plus souvent nous sommes au mouillage. Au moment où le dernier rayon du jour disparait derrière l'horizon, ces baies muent en un silence profond, rendant ainsi la magie de l'écriture possible.
Dans ce mode de vie nomade, la solitude ne reste jamais seule. Sans prévenir, des récits surgissent de nulle part et le réel se fissure, transformant les frontières en illusions. Les divers paysages qui défilent au gré de nos arrêts nourrissent mes univers. Les villes oubliées ou figées par le temps résonnent en moi comme des sources intarissables de souvenirs à préserver. Même sur les îles un peu isolées, l'accueil chaleureux des habitants, réveille ce sentiment d'être enfin au bon endroit. Ici, mon bureau prend forme. La nature devient mes murs, le sable chaud ma chaise, et les idées fusent en éloignant le doute, le danger et l'étrangeté de ma situation.
J'aime surfer entre plusieurs îles. Sur celle du thriller, je longe les rivages nommés Psychologie et Horreur. Puis, à quelques heures de navigations l'îlot de la dystopie m'offre un refuge pour une baignade rafraichissante dans ses eaux cristallines. Mais la plus grande de toutes, celle qui me protège des tempêtes, reste l'île Science-Fiction.
Quelle que soit ma destination, j'y façonne des mondes instables, peuplés ou non, cachant des énigmes dans les vestiges d'une civilisation disparue. Mes récits arpentent des zones encore brutes et sombres où certaines vérités se dissimulent dans les ruines du réel. Mon parcours atypique imprègne chacune de mes histoires. J'écris des romans où l'on ne se contente pas de suivre un seul chemin, s'égarer, enquêter et affronter l'invisible devient une nécessité. À travers ces voyages littéraires, l'exploration ne se restreint pas aux simples paysages de cartes postales, mais s'étend aux émotions, aux consciences et aux failles humaines.
Chris Bourdy
Voici un petit avant-goût de mon style
Bien loin de tout, l'île Bliye émerge progressivement des eaux devant nous. Après de longues heures de navigation éprouvante, notre détermination est récompensée. Les habitants de l'île voisine nous ont avertis.
« Sou zile a Bliye nanm nan tan lontan yo veye sou li. Pa deranje yo
wap tounen antye. »
Sur l'île Oubliée, les âmes du passé veillent. Ne les dérangez pas
et vous reviendrez entier.
Le canal est étroit mais nous parvenons quand même à rejoindre le lac intérieur. La météo instable à l'extérieur ne semble pas troubler la quiétude de ce lieu. La jungle qui l'entoure semble retenir son souffle depuis notre arrivée. Le bruit du guindeau résonne, et les quelques secondes qui nous sont nécessaires pour mouiller paraissent avoir pris une éternité. Intérieurement, une impression d'inconfort me submerge. À peine visible, nous apercevons l'unique ponton qui donne accès à la terre. Nous l'avons imaginé délabré, usé par le temps. Nous étions prêts à toutes les éventualités, sauf celle-ci, il est intact.
Nous voilà à terre, le dépaysement est complet. Après des heures de marche, le cœur de l'île se dévoile par l'apparition des premières ruines d'une civilisation disparue. Mais une odeur de feu de bois nous arrive au nez, nous ne sommes pas seuls. Pourtant, les anciens sont catégoriques, l'île est libre, personne n'y réside. Mais le petit chemin en pierre se trouvant juste à côté du dernier pan de mur d'une petite habitation à moitié recouverte de végétation, nous montre une tout autre réalité. Avec un peu d'appréhension, nous avançons. Enfouie sous une végétation dense, se dresse la cheminée d'un ancien bâtiment industriel dont la fumée s'échappe par le haut. À l'intérieur, il n'y a personne, cependant les cuves sont pleines et un liquide étrange bouillonne lentement à l'intérieur.
Rapidement, l'air est saturé par une forte odeur de sucre fondu et de fruits trop mûrs. On respire à peine, mais le mélange de bois humide et de vanille attise notre curiosité. Nous avançons difficilement sur les planches glissantes qui entourent les énormes cylindres taillés dans la pierre. Le premier est rempli à ras bord et vaguement tiède, la puissance du feu en dessous est encore timide. Mais celui à côté est bien plus intense et des bulles d'air s'échappent de la surface. Quant au troisième, le feu est si puissant qu'il augmente radicalement la température du lieu déjà bien élevée. Un peu plus loin, une petite salle est dissimulée. À l'extérieur, une table faite de bric et de broc nous attendait.
Posé sagement dessus, une bouteille et des petits verres
patientent.
Une note manuscrite nous avertit :
« Ici repose le sang de l'île, le meilleur élixir façonné par le temps et le savoir-faire. Celui qui n'en est pas digne devra servir ce lieu dans l'oubli de tous. »
Tout voyage commence par un choix. Trois destinations s'offrent à vous. Laquelle oserez-vous découvrir en premier ?
Ici vous trouverez mes univers disponibles ou dans pas longtemps... laissez-vous tenter !
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